Le sucre, ce qu’il faut savoir

 

Le savez-vous ?

Un ménage suisse de taille moyenne (2,2 personnes) dépense 41 francs par  mois, en moyenne, pour du sucre, des confitures, du miel, du chocolat et des sucreries. Cela représente 7% des dépenses pour l’alimentation.

Au-delà des gourmandises, le sucre est très largement présent dans nos régimes alimentaires, notamment dans les aliments transformés. Il est donc intéressant de se pencher de plus près sur cette denrée si prisée, sur notre consommation ainsi que sur sa provenance.En Suisse, la consommation de sucre est stable depuis longtemps. En 2017, elle atteignait 39 kg à l’année, soit 110 g par personne et par jour.

Cette quantité correspond à 27 morceaux de sucre (de 4g chacun) par personne et par jour. C’est nettement supérieur à ce que recommande l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci conseille de limiter la consommation de sucre à 10% au maximum de l’apport énergétique, car une consommation de sucre élevée peut nuire à la santé. Pour un apport de 2000 kcal par jour, cela représente 50 g de sucre, incluant le sucre cristallisé et les sucres “cachés”. Ces derniers sont présents dans des aliments transformés et les boissons.

Le sucre est produit dans le monde entier, à 80% à partir de la canne à sucre et à 20% à partir de betteraves sucrières dont l’UE est le plus grand producteur (120 millions de tonnes en 2018). La France, l’Allemagne et la Pologne en fournissent les plus grandes quantités. La Suisse en récolte en moyenne 1,5 million de tonnes par an. Elle couvrait 72% de son auto-approvisionnement en 2017.

Cette culture est controversée depuis quelques années en Europe à cause d’un pesticide extrêmement menaçant pour les abeilles. Celui-ci contient des néonicotinoïdes utilisés pour lutter contre un puceron vecteur de la jaunisse virale qui sévit dans les cultures de betteraves sucrières. Cette substance a été interdite en 2018 par l’Union Européenne puis, au moment de son entrée en vigueur, des dérogations ont été délivrées en France (2ème producteur mondial) et dans d’autres pays de l’UE pour réintroduire ce produit pendant 3 ans. Ces dérogations ont été assorties à des mesures de rotation des cultures, afin de maintenir les rendements de leur filière.

La Suisse a également interdit ce produit en raison de sa lente dégradation dans le sol (jusqu’à 20 ans) et de sa forte toxicité pour les pollinisateurs ainsi que sur l’ensemble de l’écosystème. Il est toujours interdit à l’heure actuelle malgré les revendications des betteraviers, dont la production est fortement impactée (jusqu’à 50% de pertes) et qui redoutent la concurrence de sucre importé qui est moins durable. Cette culture est tributaire de la météo – ce virus étant plus virulent après un hiver doux – ce qui révèle un autre effet dû au réchauffement climatique.

Des solutions alternatives sont à l’étude. Le Conseil Fédéral semble décidé à mettre en place une stratégie au long terme. Dans l’attente de nouveaux éléments, l’Office fédéral de l’agriculture a autorisé 2 produits de traitements foliaires pour lutter contre les pucerons, ceux-ci étant présentés comme 100 à 1000 fois moins toxiques pour les abeilles et les organismes aquatiques que le “Gaucho”, contenant des néonicotinoïdes. Autant d’arguments qui nous encouragent à privilégier les produits suisses. Ainsi nous soutenons nos producteurs, qui respectent des règles sur lesquelles nous avons un droit de regard et surtout un pouvoir de décision.

Et vous, croyez-vous que faire ses courses est un acte citoyen?

Marie FISSIER

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