Les légumineuses, prenez-en de la graine...

Ce mercredi 10 février 2021, s’est déroulée la journée internationale sur les légumineuses, ce qui m’a questionnée sur l’actualité de ces petites graines dont on nous promet de sauver la planète. Comme nos petits enquêteurs, j’ai voulu vérifier sur le terrain.Tout d’abord c’est une grande famille de plantes herbacées, dont nous utilisons leurs graines dans l’alimentation, pois chiches, lentilles, fèves, pois, soja, lupin, haricot et sûrement que j’en oublie encore de citer. Il y a une telle diversité, milles et une couleurs, formes et tailles. Elles sont riches en protéines et de ce fait des aliments complémentaires ou alternatifs pour réduire notre consommation de produits d’origine animale. Dans toutes les cuisines du monde entier, plein de recettes se sont créées et transmises, salées ou sucrées jusqu’à certaines devenir des incontournables.
Sa production est en augmentation dans nos pays voisins, de même soutenue par des plans gouvernementaux. Mais qu’en est-il de la Suisse?Pour mieux comprendre les enjeux de ces aliments dans notre alimentation, la Dre A. Baux de l’Agroscope, m’a aidée à décortiquer le sujet. Son interview est disponible en pdf.

Quels sont ces atouts durables?

Les légumineuses ont la propriété de capter l’azote dans l’air et le sol. Cet élément chimique est essentiel à divers organismes pour fabriquer par exemple la chlorophylle. Mais comme pour tous les excès ce n’est jamais bon. En gaz dans l’air il contribue entre autres au réchauffement climatique, sous forme d’engrais utilisé par l’agriculture intensive il acidifie les sols, l’exploitation animale intensive qui en produit aussi à son tour, impacte l’écosystème non seulement atmosphérique, terrestre mais également marins, en contaminant l’eau potable et eaux souterraines, bref il faut trouver un équilibre parce qu’en ce moment nous nous trouvons sur le fil du rasoir…
Ces plantes n’ont donc besoin d’aucun engrais et récupèrent ainsi cet azote que l’on trouve en trop grande quantité actuellement.

Elles commencent donc à être intégrées dans les rotations de culture, car elles préparent le terrain pour d’autres plantes comme le colza, les céréales au vu de leur très faible besoin en produits chimiques pour se défendre contre les maladies, et insectes. De plus leur utilisation est multiple autant pour la consommation animale et humaine.

Sa culture en Suisse

Une volonté de devenir autonome en protéines d’origine végétale plutôt qu’animale s’accroît gentiment dans le monde pour répondre aux besoins de consommation et de challenge pour revenir à un écosystème plus stable et une planète en meilleure santé. En Suisse, aussi cette tendance est partagée et la culture de légumineuse augmente gentiment mais sûrement et de plus en plus vers le biologique. Pour l’instant, le soja et les lentilles percent, suivie d’un peu de pois chiches. Mais cela reste encore des initiatives locales pensées pour un approvisionnement sur de courtes distances, d’où parfois la présence de vente directe par certains agriculteurs.

De l’houmous suisse?

La concurrence est rude avec les importations de ces graines commercialisées à bas tarifs, mais parfois produites à échelons industriels dont nous ne savons pas grand-chose. Ces belles initiatives, se multipliant dans notre pays suivent quand à eux, un cahier des charges rigoureux et contraignant par exemple sur l’utilisation de produits chimiques, l’interdiction de culture d’OGM (Organisme génétiquement modifié) avec un rendement moindre. Hélas cette production se destine en majorité à la consommation animale, trop peu pour nos achats directs. Dommage car c’est souvent cette qualité qui est recherchée par le consommateur. 

Dans la poursuite de cette réflexion, j’ai tenté de récolter toutes les variétés cultivées dans notre pays, afin de mieux la valoriser “A ma connaissance, il n’existe pas de répertoire de producteurs de légumineuses, en Suisse.” m’informe Barbara Steiner, coll. Scientifique d’Union Suisse des Paysans, observation également partagée par l’Agroscope.
Cela relève encore du consommateur d’ouvrir les yeux, de faire du bouche à oreille pour dénicher des pépites locales.

Comment stimuler notre économie à s’investir davantage pour la consommation humaine ? La réalisation de mon dal aux lentilles corail romandes me semble compromise. Il faudrait déjà savoir où s’approvisionner en produits dont notre terroir offre aujourd’hui, malgré l’ère de l’ hyperconnectivité où une source pourraient réunir ces informations.

Soyons consomm’acteurs, construisons ensemble une cartographie ! Transmettez-nous, à Swiss Food Academy les adresses de ces producteurs proposant la vente direct ou ces marchés locaux proposant ces produits issus de cultures régionales, romandes, nationales.

Article écrit par Vanessa Brancato

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